Sincèrement pardon Part.2 | CUPALBILITE NON-COUPABLE

Ces derniers mois, nous avons énormément échangé suite à ce post publié sur Instagram.

Tandis que des ordures se cachent lâchement derrière des écrans pour déverser une haine aussi nauséabonde que leur inhumanité putride, nous avons usé et usons des réseaux sociaux pour nous entraider, pour nous écouter, pour nous soutenir, pour nous connecter les uns aux autres, pour véhiculer fraternité, amour et espoir, ….

Merci.


Une question s’est régulièrement posée : comment survivre à des années de destruction ?

Comment nous reconstruire ? Comment pouvons-nous même parler de reconstruction lorsque nous nous sommes malheureusement construits dans la déconstruction ?

Alors que nous étions censés découvrir l’amour, parcourir le monde, construire nos idées, notre CV, notre carrière, notre famille, nos expériences, ou peu importe ce que l’on rêvait être censés construire pendant l’adolescence et en entrant dans l’âge adulte, nous avons subi insultes, menaces, humiliation publique, diffamations, coups, isolements, mises à la rue, glaires crachés au visage, abandons, traques, persécutions,…maltraitances et violences aussi bien physiques que morales, et ce de la part de personnes supposées nous aimer inconditionnellement.


Parce que nos bourreaux sont ces personnes censées nous aimer inconditionnellement et nous protéger, nous leur accordons à notre tour un amour filial, un amour inconditionnel.

Nous gardons espoir en ces personnes censées nous aimer et nous protéger, nous nous forçons à leur faire confiance même si elles se sont évertuées pendant des années à piétiner cette confiance. Nous allons jusqu’à excuser l’impardonnable car nous ne voulons ou pensons ne pas pouvoir perdre ces personnes.

Quoi qu’il en soit, et j’espère sincèrement que c’est votre cas, nous avons réussi à survivre et à sortir de ces relations.

Alors que nous entrons dans une phase de guérison voire de (re)construction, un sentiment semble nous engloutir comme des sables mouvants : la culpabilité.


Comprenez qu’il y a des relations qu’il nous est parfois impossible de quitter.

Pouvez-vous envisager tourner le dos à votre enfant … pourtant destructeur ?

« Il reste mon fils, et je l’aime. »

Seriez-vous capables de quitter vos parents … même abusifs ?

« Elle reste ma mère, et je l'aime. »

Pouvez-vous imaginer couper les ponts avec votre famille … bien que toxique ?

« Ils restent ma famille, et je les aime. »

Pouvez-vous penser quitter ce conjoint … même violent ?

« Il reste mon époux, et je l’aime. »

L’amour filial et/ou le sens du devoir nous attachent fermement à des relations qu’il nous est donc difficile voire impossible de quitter. Ils nous forcent à nous accrocher à ces relations qui nous torturent et vont même jusqu’à nous tuer. Ici, malgré notre volonté, nous sommes souvent envahis par un sentiment de culpabilité : « Ca reste mon père/ma mère/ma sœur/mon frère/ma famille/etc, je ne peux pas leur tourner le dos. Qu’est-ce que ça fait de moi ? »

Surtout, nous ne pouvons pas nous imaginer vivre sans ces personnes...Même déjà brisés par ces dernières, il y a des liens que nous ne pouvons résoudre à abandonner.


Je sais que beaucoup ne peuvent pas expliquer comment ils ont réussi à se sortir de ces situations, comment ils sont parvenus à ne plus s’accrocher à ces relations, comment ils ont enfin réussi à partir sans plus ressentir le besoin de se retourner, de laisser une énième chance. Je sais que beaucoup n’ont pas compris et ne peuvent pas expliquer ce jour, cet instant où ces relations ont juste cessé d’exister.

Si cela fait sens pour vous comme cela fait sens pour moi, j’ai lu et compris dernièrement que Dieu enlève de nos vies des relations qu’Il nous sait incapables de quitter.

Quoi qu’il en soit, même si aujourd’hui nous avons réussi à ne plus nous accrocher à ces relations, il reste un sentiment de culpabilité, une culpabilité d’un autre genre que celle mentionnée tantôt et qui nous enferme dans une honte. Cette honte nous empêche d’entrevoir notre guérison. Cette honte nous emprisonne dans un traumatisme. Alors que nous avons quitté ces relations meurtrières, nous sommes prisonniers des conséquences parfois ingérables, insurmontables car irréparables; et nous n'avons pas d'autres choix que de nous demander :


« Après m’avoir mis à la rue, comment ai-je pu supplier pour revenir ? »

« Après ce nez cassé, comment ai-je pu chercher la caresse de sa main ? »

« Après ces insultes et ces glaires crachés au visage, comment ai-je pu croire aux belles paroles hypocrites déblatérées par cette bouche ? »

« Après ces humiliations publiques, comment ai-je pu continuer à les défendre auprès de ce même public ? »

« Après ces années de maltraitances, comment ai-je pu espérer une réconciliation ? »

« Après ces attouchements, comment ai-je pu partir en vacances avec eux ? »

« Après ces années de ruptures à répétition, comment ai-je pu accourir après chaque coup de téléphone ? »

« Face au silence de mes proches, comment ai-je pu continuer à m’investir dans les fêtes familiales ? »

« Face aux reproches de mes proches, comment ai-je pu me murer dans le silence pour protéger mon bourreau ? »

« Alors qu’ils m’ont détruit moralement et physiquement, alors qu’ils s’en sont pris à ma carrière, alors qu’ils m’ont enlevé cet avenir dont je rêvais, comment ai-je pu supplier pour les garder dans ma vie future ? Cette vie future que j’ai encore du mal à entrevoir à cause d’eux ... »

« Comment ai-je pu essayer de me tuer pour les satisfaire ? »

« Pourquoi je ne suis pas parti plus tôt ? »

« Pourquoi me suis-je accroché à des liens brisés aussi longtemps ? »

« Comment ai-je pu laisser la situation s’envenimer à ce point ? »

La honte.

Et vous culpabilisez.

Nous culpabilisons de nous être accrochés. Nous culpabilisons d’avoir fait confiance à ces personnes censées nous protéger. Nous culpabilisons d’avoir espérer en l’humanité de "personnes" qui l’ont troquée pour l’animosité des chiens de l’enfer.

Nous avons honte d’avoir attendu, espéré et quémandé des discussions, des réconciliations, des explications… Car malheureusement, il nous est difficile d’accepter l’effroyable lorsqu’il nous vient de notre entourage proche.

Nous avons besoin de comprendre pourquoi nos bourreaux ont fait/font ce qu’ils font. Nous avons besoin de comprendre pourquoi ceux qui ont vu et sont censés nous protéger n’ont jamais rien fait. Nous avons besoin de comprendre pourquoi, malgré le fait que nous sommes les victimes, nous sommes forcés au silence.

Et nous nous accrochons à ces relations pour avoir ces explications.

Il est difficile d’accepter que des choses horribles soient commises par ceux qui sont proches de nous. Nous avons du mal à accepter que ceux qui sont proches de nous commettent l’irréparable. Nous ne voulons pas croire que ceux que nous aimons soient capables et coupables de choses effroyables. Il est plus facile d’accepter l’horreur lorsqu’elle est loin de nous.

La proximité accentue l’incompréhension et appelle aux explications.


Ne nous accrochons désormais plus à cette culpabilité. Ne la laissons pas nous définir comme faibles.

Nous ne sommes pas faibles. Vous n’êtes pas faibles. Il n’y a aucune faiblesse dans l’espoir. Il n’y a aucune honte à ressentir pour avoir espéré en l’humanité.

La honte doit être celle de ces êtres humains sans humanité. La faiblesse est celle de ces enveloppes charnelles vidées d'une humanité qu'ils ont remplacée par la jalousie démente, la méchanceté belliqueuse, la calomnie véhémente, la violence acharnée, ...

Ces êtres inhumains sont les seuls faibles de l'histoire : ils se sont acharnés à vous détruire.

Vous ? Vous vous êtes acharnés à survivre. Vous vous êtes acharnés à espérer en l'autre.

Maintenant, il est important de comprendre qu’un être ayant troqué son humanité est un être sans humanité ; et s’acharner à chercher le bon chez une personne qui s’adonne consciemment au mal relève alors de l’inconscience et de la bêtise. Il nous faut bien comprendre et intégrer cela afin de ne plus accueillir ces bourreaux dans notre havre.

Peu importe à quel point nous voulons voir un agneau, un loup reste un loup.


Alors ne nous enfermons pas dans cette culpabilité dévorante. Ne laissons plus cette honte accablante nous engloutir. Pardonnons-nous cette faiblesse qui n'en est pas une.

Et continuons à nous battre pour l'humanité.


- Céline







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