DOUBLE HUMILIATION & HUMILIATION DOUBLE

Ou

Et si un possible incident diplomatique du Président avait permis de mettre en évidence le maintien des chaînes coloniales?


"Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu'il y a derrière votre interpellation, et l'enthousiasme que ça a créé. C'est que, quelque part, vous me parlez comme si j'étais toujours une puissance coloniale. Mais moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Fasso!"


Un discours? Non. Un One Man Show. [à revoir ici] Le One Man Show d'un mec qui, galvanisé par les applaudissements et acclamations d'une foule d'étudiants de l'université de Ouagadougou, a oublié qu'il était le Président de la République. Ce discours a posé et pose de nombreux problèmes que je ne peux prétendre analyser, et le possible incident diplomatique a été, à mon sens, plutôt bien évoqué, décrit, et certainement réprimandé selon nos différentes interprétations et lectures [ici]. Et malgré toute l'encre consacrée à ce comportement des plus minables et à l'humiliation faite au Président Kaboré, je déplore le manque, que dis-je, l'absence d'écrits sur l'humiliation faite aux étudiants présents dans la salle, à tout le peuple africain, ainsi qu'à l'ensemble des Noirs quelque peu conscients de l'aberration en cours. Si je ne suis pas spécialiste de l'Afrique, je suis, pour sûr, Noire, et ce discours a suffit pour que la conscience de l'enfant de la diaspora afro-caribéenne que je suis soit titillée.



Certains ou de nombreux étudiants semblent satisfaits de cette humiliation [ici], mais ne semblent pas plus conscients de l'humiliation qu'eux-mêmes ont subi! En effet, nous avons focalisé notre attention sur la boutade exagérée du Président, mais si nous prêtons attention aux phrases introduisant ce dérapage, nous comprendrons que l'humiliation a été et est double.


Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu'il y a derrière votre interpellation soit Interrogez-vous sur votre comportement d'aliénés!


C'est que, quelque part, vous me parlez comme si j'étais toujours une puissance coloniale soit Vous êtes attachés à la figure du Papa Blan (comme nous disons aux Antilles), vous la réaffirmez et l’idolâtrez en attendant d'elle un paternalisme vicieux.


Oui, nous avons été humiliés, et nous ne nous en sommes même pas rendus compte. Oui, nous avons été humiliés, et nous avons applaudi. Certains ne verront ces deux phrases que comme de simples propos anodins. Peut-être. D'autres diront que j'analyse beaucoup trop et accorde à ce qui est banal une trop grande importance. Fort probable. Mais il y a des sujets pour lesquels je n'ai aucune tolérance, et certainement pas pour ce genre de propos rendus justement banals! Je ne tolère pas que d'anciennes puissances coloniales soulignent l'aliénation dont elles sont responsables en criant qu'elles refusent cette idolâtrie malsaine tout en s'extasiant de ce culte pernicieux. Aucune tolérance et énormément d'exigence, car si de l'exigence naît l'excellence, il me semble que c'est bien notre manque d'exigence qui nourrit leur abominable engeance.

Esclaves un jour, esclaves toujours?

Je refuse! Et je refuse que d'anciennes puissance coloniales relèvent chez moi un tel comportement et/ou état d'esprit, car je refuse de présenter un tel comportement et/ou état d'esprit.

Nos grands-parents ont brisé les chaînes qui liaient leurs chevilles et leurs poignets, celles qui les immobilisaient et les maintenaient dans un état de soumission. A nous de briser nos chaînes, celles qui entravent nos esprits, celles qui nous empêchent d'avancer et nous maintiennent dans un état de soumission. Commençons par être attentifs!

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