ET DE LA FEMME NAQUIT UNE FEMME

Dernière mise à jour : 29 nov. 2021


Une femme pleine de haine et de jalousie qui s'en prend à une enfant, la maltraite pendant plus de dix ans. Elle la traque, la poursuit, s'acharne. Une femme à la bouche sale traitant de "sale pute" une enfant. Une femme perverse et malade sexualisant, salissant et détruisant à jamais les relations les plus pures... Aux yeux d'une telle femme, une fille s'asseyant sur les genoux de son père relève d'un comportement incestueux. Aux yeux d'une telle femme, un frère enlaçant sa sœur est un comportement immoral. Quant à dire "je t'aime" ... Une femme perfide qui menace et séquestre une enfant dans sa chambre. Une femme qui terrifie une enfant, qui la pousse à "vivre" comme un animal, comme un chien avant de la mettre à la rue. Et là ... Une femme qui ne laisse aucun répit et qui avoue même ses funestes intentions. Et parce qu'une furie de l'Enfer n'est jamais seule, elle est souvent accompagnée d'autres furies et supportrices suffisamment putrides pour s'en prendre à leur tour à cette enfant dont elles ne connaissent pourtant rien et qu'elles n'ont même jamais vue. La haine aveugle dit-on... Des femmes lâches, en bande organisée, dont le passe-temps est de traquer et "pourrir" une autre femme dans le but de la "faire craquer". Des femmes. Des adultes, passant leurs week-ends à s'acharner sur une "gamine" (comme elles aiment à l'appeler) sur Internet. Des femmes dont les conversations Whatsapp sont remplies d'insultes et de plans pour porter atteinte à la "pétasse" de même pas 20 ans parce que, jalouses, elles ne supportent pas la moindre réussite aussi ridicule soit-elle. Des femmes dépensant une énergie folle à saboter tous les futurs potentiels d'une gamine qui ne sait même pas si elle va réussir à voir la fin du mois.

Mais leur cheffe avait prévenu : "Ce que je veux? Je veux que tu crèves. Et si tu ne veux pas crever, je vais te faire crever."


Et cette jeune fille tente de se faire oublier, de disparaître de bien des façons parce qu'elle sait ... "Tu n'auras rien, tu ne pourras pas vivre, je vais t'avoir à l'usure." Et cette jeune fille tente de disparaître ... plusieurs fois, à force de ne recevoir aucun soutien contrairement à cette femme qui a un public, une audience, des gens qui la soutiennent, d'autres qui ne la soutiennent pas mais l'écoutent religieusement... Et cette jeune fille tente de disparaître...trop de fois, car à ces femmes s'ajoutent d'autres femmes dans d'autres sphères mais aux mêmes logiques destructrices.

Et cette jeune fille s’empiffre à s'en rendre malade en espérant que ses bourrelets suffiront à apaiser cette femme qui lui répète depuis ses 17 ans que la "sale pute" qu'elle est a un "corps de salope". Mais en même temps, cette jeune fille se fait vomir parce qu'elle est traitée de "grosse truie" par cette femme qui lui répète que son propre père n'ose même pas marcher à côté d'elle tellement il a honte. Et cette jeune fille se cache pour ne pas alimenter les rumeurs lancées par d'autres femmes pour entacher sa réputation, détruire ses réussites, ...

Manger... vomir... grossir... maigrir... avoir constamment faim... ne plus avoir faim du tout ... Se laisser sombrer... Se raccrocher... Se battre, se débattre, ... Attendre ...

Cette jeune fille est obligée de se taire et finit par ne plus avoir ni la force ni l'envie de parler, dégoûtée de l'inaction de témoins qui détournent calmement les yeux. Elle finit par garder la bouche fermée de peur de vomir ses tripes. Elle s'isole et se mure dans un silence permanent à force d'être contrainte de "se montrer plus intelligente" et de ne pas faire d'histoires. Et une décennie passe. Et des choses se passent en une décennie... Trop de choses.


On dit que face à une femme remplie de haine, même le diable, impressionné, s'assoit et prend des notes. Et j'ai vu le diable dans les yeux de femmes qui ont de quoi rivaliser avec les pires abominations ayant déjà foulé cette terre. Je sais malheureusement ne pas être la seule. Et j'ai peur car ces femmes sont des mères, des épouses, des sœurs, des filles, des voisines, des collègues, des éducatrices, .... Et j'ai mal car ces femmes côtoient des jeunes filles au quotidien, elles les éduquent, leur enseignent, encadrent leur développement aussi bien scolaire, professionnel et personnel.

On dit qu'une femme a le pouvoir de détruire des nations ... Et oui, des femmes prennent un plaisir effrayant à faire trembler des nations. Oui, des femmes n'hésitent pas à marcher sur la femme pour un poste. Oui, des femmes dégradent la femme pour se faire bien voir de l'homme. D'autres ayant parfaitement intériorisé les définitions de ce monde misogyne s'en prennent à la femme sous le regard amusé de l'homme. Oui, des femmes jalouses font de la femme leur rivale, leur ennemie, elles la méprisent, l'humilient, la culpabilisent, la harcèlent, vont jusqu'à la détruire ... peu importe son âge. Oui, des femmes soutiennent l'abject, reproduisent l'immonde et défendent l'indéfendable. Oui, des femmes haïssent la féministe; et oui, des féministes haïssent la femme noire...

La femme détruit la femme. J'aurais voulu blâmer la société. Et bien sûr qu'elle est à blâmer! Bien sûr que ce patriarcat qui nous étouffe et nous frappe de sa misogynie est à blâmer! Bien sûr que les porcs .... bref. Vous m'avez comprise. Et il leur a déjà été consacré un article...et il leur en sera consacré bien d'autres! Mais pas ici. Pas dans cet article. Pas dans ces lignes. Pas dans ces expériences ...

Dans ces expériences, "même les femmes entre elles sont des pestes", a-t-on coutume de dire.


Pourtant, ce discours, vous ne l'entendrez pas sortir de ma bouche. Pour moi, ces femmes ne sont pas des femmes. Ce ne sont pas des êtres humains. Ce n'est pas possible ! Comment pourrais-je dès lors soutenir une telle idée?!

Non. Les femmes que je connais, que je veux connaître, que je respecte et qui me respectent en retour ne sont ni des pestes, ni des garces, ni je ne sais quel terme dégradant qui exprimerait l'idée que la femme est l'ennemie de la femme. Les femmes que je connais sont des bénédictions pour chaque personne qui croise leur route. A leur contact, je découvre ma féminité. Pas cette féminité toxique imposée par des gourous moralisateurs mais sans morale, sans réflexion, sans une once d'amour, de respect, d'humanité ... Non.

La femme telle que je la découvre est un modèle, une inspiration et une aspiration. Dans toute cette horreur, j'ai l'immense bonheur de rencontrer des femmes qui incarnent la bienveillance, la gentillesse, la force, le courage, l'humanité... Elles sont une amie même perdue qui aura toujours une place de notre cœur, une collègue qui ouvre la voie pour ses sœurs, une colocataire en proie à ses propres démons qui offre un espace plein de compréhension, une professeure qui fait tout pour que ses étudiantes la surpassent dans son domaine, une inconnue qui nous a laissées dormir sur son épaule dans le bus, ... Mon cœur se brise lorsque j'apprends que les personnes que j'admire sont également meurtries. Au sentiment d'injustice se mêle une colère pourtant calme. Grâce à ces femmes, je reprends confiance et je sais désormais que la sororité n'est pas un mythe. Des humains sans humanité nous font souvent croire que le bien est soit rare soit un mythe... Contrairement à ce qu'on pense, ces femmes ne sont pas des cas isolés que des petits veinards ont la chance de rencontrer.

Elles sont là, tout autour de nous ... même derrière cet écran. Je vis avec elles, je discute avec elles sur les réseaux sociaux, je les croise en descendant mes poubelles, je ris avec elles en attendant le bus, je râle avec elles devant des comportements abjects, je pleure avec elles comme de vieux clichés devant des films tout aussi clichés, ...

Alors non, je refuse de croire un tel discours et encore moins véhiculer une telle idée. Au contact de ces personnes merveilleuses, j'apprends ce qu'il m'a été refusé d'apprendre depuis mon adolescence. Je désapprends ce qu'il m'a été inculqué de force. Je découvre ce qu'il n'est jamais trop tard de découvrir. Alors, oui, j'ai peur. J'ai des réticences. Je suis suspicieuse. Je reste fermée. J'ai honte de ne pas savoir ce que toute femme devrait savoir... J'ai honte de ne pas avoir expérimenté ce que toute femme doit expérimenter (si une telle chose existe). J'ai honte d'avoir expérimenté ou subi ce qu'aucune femme ne devrait expérimenter ou subir. Je suis hantée par des mots qui résonnent encore dans ma tête, des cris qui déchirent encore mon cœur, des actes qui brûlent encore ma peau, des atrocités qui cisaillent encore ma chair, ...

Mais désormais, lorsque je pleure, des larmes de joie se mêlent aux larmes de douleur. Dans tout ce processus, je souris parce qu'une femme patiente m'invite à prendre mon temps; elle ne me juge pas, elle ne me blâme pas, ... elle sait. Je souris parce qu'une femme compatissante tient fermement ma main pendant que j'essaie de me relever. Je souris parce qu'une femme bienveillante me blottit contre son cœur pour me soutenir. Je souris parce que les lettres de ma mamie aimante me réconfortent encore aujourd'hui. Je souris parce qu'une femme inconnue me sourit chaleureusement. Je souris parce qu'une femme me complimente. Je souris parce que je vois la femme construire, entreprendre, instruire, soigner, ... se battre pour la femme, défendre la femme, aimer la femme, aider la femme, protéger la femme, respecter la femme, ... Je souris parce que la femme est merveilleuse. Et je souris parce que de la femme naissent d'autres femmes. Alors oui, on dit qu'une femme a le pouvoir de détruire des nations... Et on oublie trop souvent qu'en face du Mal se dresse le Bien. Nous? Faisons partie de ces femmes qui usent de leur pouvoir pour élever des nations. Soyons ces femmes qui défendent les enfants, protègent les autres femmes, se battent pour l'humanité. Embrassons ces femmes qui effraient depuis des siècles ces êtres arrogants souffrant d'un complexe d'infériorité. Ils ne gagneront pas plus de terrain. Devenons ces femmes qui osent s'ériger contre le Mal et qui prennent plaisir à faire le Bien. Soyons ces femmes full of love qui dérangent ces immondices full of shit.


... Mesdames ... Vous êtes merveilleuses.

Merci. Merci, parce qu'ensemble, nous restaurons notre Humanité.



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- Damsel of Letters


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